Galerie du Curé

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26, rue du Curé L-1368 Luxembourg

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Emmanuel Rioufol – Là s’en vont les seigneuries


Là s’en vont les seigneuries est né d’un souvenir de l’écrivain Alice Becker-Ho.
Été 1970, un voyage dans l’Espagne franquiste vers un rendez-vous qui conduit deux couples à un singulier périple en Vieille Castille, dans la province de Soria. Quelque part, au bout d’une piste sans fin se dresse Rello, ancienne forteresse dont le nom a disparu des cartes et dont l’origine reste un mystère. Le magnétisme de Rello retient ceux qui y sont arrivés par hasard…
Aller là-bas, c’était risquer de ne rien retrouver d’un souvenir.
Ce lieu exerce une attraction difficile à nommer, quelque chose d’intrinsèque à une disparition qui ne parviendrait pas à s’achever encore tout à fait, une grâce de l’abandon soudain dont les pierres auraient gardé la mémoire comme elles détiennent celle des siècles passés. Et puis, il y avait en filigrane la présence de ceux par qui j’étais venu jusqu’ici.
Habitées par la substance minérale spécifique à cette région, les images traitées en laboratoire avec un procédé qui leur apporte une pigmentation et un grain particuliers, confèrent aux matières et aux surfaces qu’elles explorent, une dimension abstraite et sensitive. La série fait écho à la dramaturgie du récit d’Alice Becker-Ho, les sujets sont peu à peu détournées de leur identité première, de leur condition réelle pour finalement leur retirer toute connotation temporelle. La ligne d’horizon devient alors un noir profond, une issue impénétrable et pourtant inévitable, où se révèle le sens des Stances sur la mort de son père  du poète Castillan Jorge Manrique (1477) et de sa traduction par Guy Debord, l’un de ceux qui découvrit Rello en cet été 1970.
Une variation autour de la mort, de la persistance du souvenir et de la résonance de l’écrit sur l’acte photographique.