neimënster

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28, rue Münster L-2160 Luxembourg-Grund

Tél: (+352) 26 20 52 1 Lu - Ven: 8h00 - 19h00 Sam - Dim: 10h00 - 18h00

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Shifts


Bien que le travail de ces quatre artistes soit très personnel, il recoupe certains aspects de la thématique qui est celle de l’édition 2017 du Mois européen de la photographie « Looking for the Clouds “. Artistes de l’intime et du quotidien, ils se penchent sur des modes d’existence où le familier se définit dans un cadre plus vaste qui est celui d’une aspiration à un dépassement, à plus d’humanité notamment où l’espoir et le désir prennent leur vraie place.
Dans son travail Duccio Doretti développe une méditation sur l’humanité qui est capable d’inventer la bombe atomique et en même temps d’explorer l’espace et de pousser au-delà des frontières de l’existence. Si la première révèle la formidable capacité de destruction qui est inhérente à l’histoire de l’homme, la deuxième reflète le rêve, l’aspiration au dépassement. Doretti associe deux dates, l’explosion de la première bombe atomique en 1945 et les premiers pas sur la lune de Buzz Aldrin en 1969 qui est aussi sa date naissance. Son œuvre met en évidence la fragilité de l’espèce humaine, voire même la futilité de l’existence. Vue de la lune, la terre apparaît comme une minuscule planète perdue dans l’espace. Sa nature délicate menacée de destruction.
Dans son projet “Trans Europe Migration – sur la trace des réfugiés entre la Grèce et l’Allemagne“,
Rocco Rorandelli présente est un condensé de l’humanité sous forme de fragments, de détails ui peuvent être observés au fur et à mesure que l’on se rapproche du terrain. En zoomant sur ces images, on découvre un répertoire complet de l’humanité. Les bagages de ces réfugiés sont témoins de la partie malheureuse de leur voyage, et de ce que cela que cela signifie que d’être déraciné en laissant tout derrière soi. Les bouteilles de plastique qui jonchent le sol le long des routes de transit captent l’ampleur de cette tragédie. Le sourire sur les visages des enfants, l’espoir aux yeux de leurs parents, offrent un aperçu de l’endurance de ceux qui ont fait ce voyage difficile. L’homme qui aide une femme à traverser un ruisseau boueux et les volontaires distribuant des provisions parlent d’un trait inhérent à l’humanité – la compassion. Le couple se tenant par les mains dévoile un moment discret d’intimité autrement difficile à trouver dans un abri bondé. Et finalement, les caméras pointés vers ceux qui se reposent montrent que beaucoup de questions restent encore sans réponse notamment celle concernant le sort de l’Europe et comment ces immigrés vont façonner son avenir lors des prochaines décennies.
Rocco Rorandelli est très intéressé par les questions liées aux migrations. Venant d’une famille interculturelle – père italien et mère américaine – et sa femme venant de l’Inde, il se porte témoin d’un monde qu’il découvre plus lié et plus fraternel quand on fait fi des barrières physiques.
« As above so below » de Bärbel Reinhard est une sorte de journal évoquant une familiarité étrange avec les objets, s’ouvrant à l’idée hermétique de correspondances pas toujours évidentes. Elle établit une sorte carte fondée sur une mise en rapport spontanée et instinctive d’objets et d’expériences dans une constellation qui vise à créer une archive personnelle.
En principe la société repose sur un ensemble de codes fondamentaux qui définissent l’apriori de toute culture et imposent un ordre à notre expérience. Or ces catégories peuvent sembler vagues et fragmentaires.
Plutôt que de créer un inventaire définitif – illusion de possession ou de contrôle – Bärbel Reinhard propose une «combinatoire » laquelle révèle en même temps la dissociation et le lien qui s’établit entre signifiant et signifié.

“Home“ de Stefano Parrini est un projet consistant en une série d’images surgissant du plus profond de l’espace, fonctionnant comme les hublots d’un navire ou l’objectif d’un télescope faisant la lumière sur un autre univers – dans son cas son univers personnel et domestique. Ce sont des planètes, des nébuleuses, des constellations du quotidien méticuleusement choisies.
Parrini utilise de vieux rouleaux de film, en prenant des fragments d’images sélectionnés en conséquence, par exemple la fin des rouleaux ou les premiers segments du film. Il se peut aussi que ce soit l’image d’une lampe LED du domicile. Ce sont des images qui sont répertoriées et codées en fonction de leur emplacement qui sera marqué sur une carte, chacune avec une initiale.
Naît ainsi un cosmos concentré, un mini cosmos qui se retrouve dans le macrocosme qui est notre maison à nous tous.