neimënster

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28, rue Münster L-2160 Luxembourg-Grund

Tél: (+352) 26 20 52 1 Lu - Ven: 8h00 - 19h00 Sam - Dim: 10h00 - 18h00

http://www.neimenster.lu

Regards sans limites

Il est frappant de relever dans le corpus d’images qui suit la quasi-éviction de la figure humaine, tout au moins le désintérêt manifeste pour son individualité, instaurant par là une relation d’évitement, pour reprendre à notre compte une terminologie ethnologique. À l’opposé des heures glorieuses de la photographie humaniste, la foi en l’homme semble s’être éteinte. S’attache à lui, oserions-nous avancer, une forme de culpabilité inhérente à son action (ou son inaction), voire à son essence-même, qui le condamne au bannissement de l’image, comme après la révélation des camps de la mort il était pour les peintres devenu irreprésentable.
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Marine Lanier: Les contes sauvages

 Repenser, réinventer les paysages extérieurs pour mieux explorer les paysages intérieurs, et raconter les liens qui nous unissent à la nature, à notre environnement : Marine Lanier nous entraîne dans “la dimension lyrique et primitive” de la nature, “pour questionner la puissance sauvage qui nous entoure”. Elle nous immerge dans le végétal en particulier avec sa série de monochromes organiques Eldorado qui montre la flore épaisse d’une pépinière à l’abandon. La nature est saisie dans son état brut, elle est personnifiée, et ses mystères nous happent, et nous échappent.
Les photos de Marine Lanier mettent en lumière une végétation primaire, où les éléments surgissent et dialoguent : pierres, roches des falaises, eaux profondes des cascades, terre, glace, mais aussi la peau, le sang… Son univers est un monde sauvage, originel, qui renvoie les êtres à leurs pulsions primitives. Dans la série Le Soleil des loups, réalisée en Ardèche sur un territoire situé au-dessus d’un volcan, Marine Lanier montre deux enfants dont les corps sont en symbiose avec cet espace rugueux et minéral. La photographe a suivi durant trois ans le parcours de deux frères, un appareil argentique en main : la nature rustre, indomptable, absorbe magistralement les silhouettes de ces adolescents sans loi.

Land(e)scape: Lisa Kohl

Faire aujourd’hui de la photographie de paysage n’est pas une chose aisée pour une jeune artiste. Le paysage est pollué, par l’histoire ancienne et récente, par nos excès de consommation, de production et d’exploitation et par le passage de l’Homme, passage voulu ou contraint, libre ou obligé.
Alors quand Lisa Kohl est arrivée en 2016 sur l’île grecque de Lesbos, elle a été confrontée au paysage idyllique de l’île égéenne ou le ciel et la mer sont d’un azur profond et onirique, mais aussi aux milliers de migrants arrivés de Turquie qui sont passés par là en quête d’une vie acceptable et digne.
Dans la série de photographies LAND(E)SCAPE, l’artiste témoigne avec un langage plastique très subtile et sensible de cette tragédie humaine et du sort de ces hommes, femmes et enfants qui ont fui la terreur pour se retrouver dans un autre cauchemar, la fin de leur rêve de liberté et de paix.
En photographiant les objets abandonnés, oubliés et perdus, l’artiste crée un nouveau paysage, un land(e)scape, qui par l’absence nous suggère la présence. Les objets sont élevés au statut d’icônes. En les découvrant un par un, le spectateur a accès à l’intimité des personnes, il les rencontre, il les voit et les entend. Il est pris d’émotion. L’oubli n’a pas lieu car l’histoire est écrite par le biais du langage photographique de Lisa Kohl.