Galerie du Curé

Galerie du Curé

26, rue du Curé L-1368 Luxembourg

Tél: (+352) 28 22 50 05 Ma - Sam: 11h00 - 18h00 et sur rendez-vous

http://www.galerieducure.com

Arno Gisinger – Konstellation Benjamin

Since the 1990s Arno Gisinger develops a multidisciplinary form of artistic expression that combines photography and historiography. Inspired by the German way of thinking of the Interwar period and the methodologies of the Nouvelle Histoire, his projects offer a contemporary reinterpretation of the locations or non-locations of memory. His works challenge the visual representation of the past across different forms and figures : witnesses, objects, places or images. The function of the archive, document status and the literary dimension of speech lie at the heart of his artistic concerns.
His work Konstellation Benjamin, constructed in collaboration with philosopher and historian Nathalie Raoux as a work in progress, retraces the European exile of German philosopher Walter Benjamin (1892 – 1940). In this work Arno Gisinger portrays images of precise locations that this man of letters has frequented, layered over the correspondence Benjamin maintained at the time.
Konstellation Benjamin is a constellation of the present and the past, of photography and historical research, of text and image. It asks the question of how to provide justice in a way that is true to Benjamin to the thinker of the loss of aura and of the politicisation of the aesthetic.
The installation of the work is made to measure for each exhibition and bears an ephemeral character by its means of production : inkjet prints fixed directly on the walls of the gallery.

Emmanuel Rioufol – Là s’en vont les seigneuries

Là s’en vont les seigneuries est né d’un souvenir de l’écrivain Alice Becker-Ho.
Été 1970, un voyage dans l’Espagne franquiste vers un rendez-vous qui conduit deux couples à un singulier périple en Vieille Castille, dans la province de Soria. Quelque part, au bout d’une piste sans fin se dresse Rello, ancienne forteresse dont le nom a disparu des cartes et dont l’origine reste un mystère. Le magnétisme de Rello retient ceux qui y sont arrivés par hasard…
Aller là-bas, c’était risquer de ne rien retrouver d’un souvenir.
Ce lieu exerce une attraction difficile à nommer, quelque chose d’intrinsèque à une disparition qui ne parviendrait pas à s’achever encore tout à fait, une grâce de l’abandon soudain dont les pierres auraient gardé la mémoire comme elles détiennent celle des siècles passés. Et puis, il y avait en filigrane la présence de ceux par qui j’étais venu jusqu’ici.
Habitées par la substance minérale spécifique à cette région, les images traitées en laboratoire avec un procédé qui leur apporte une pigmentation et un grain particuliers, confèrent aux matières et aux surfaces qu’elles explorent, une dimension abstraite et sensitive. La série fait écho à la dramaturgie du récit d’Alice Becker-Ho, les sujets sont peu à peu détournées de leur identité première, de leur condition réelle pour finalement leur retirer toute connotation temporelle. La ligne d’horizon devient alors un noir profond, une issue impénétrable et pourtant inévitable, où se révèle le sens des Stances sur la mort de son père  du poète Castillan Jorge Manrique (1477) et de sa traduction par Guy Debord, l’un de ceux qui découvrit Rello en cet été 1970.
Une variation autour de la mort, de la persistance du souvenir et de la résonance de l’écrit sur l’acte photographique.